Stress, Burn out : 4 fausses bonnes idées pour tenir le coup

Lorsque l’on souffre de stress, de burnout, depuis longtemps, le corps s’épuise, se fatigue entraînant toute une série de symptômes tels que : l’irritabilité, le manque d’intérêt, la perte du goût du travail bien fait…

Parmi les conséquences probables à moyen ou à long terme de ce stress, il faut noter une baisse de la qualité et de la quantité du travail fourni, entraînant nécessairement du retard, des plaintes de la part des clients ou fournisseurs et une augmentation de la culpabilité à ne pas fournir le travail requis.

Face à ce constat, il est très souvent difficile pour beaucoup de professionnels de dire stop et de prendre la décision d’aller voir leur médecin traitant, par peur que celui-ci leur prescrive un arrêt de travail.

Le professionnel en crise souffre alors dans son ego d’une diminution de son image de soi et d’une augmentation de sa culpabilité due essentiellement aux questions qu’il se pose sur ses compétences et ses aptitudes à poursuivre son travail.

C’est alors, qu’il va chercher une série de solutions pour tenir coûte que coûte, parmi celles-ci figurent en bonne place :

1 – Poursuivre ses efforts malgré la fatigue.

Tous les professionnels qui ont un jour fait un burnout vous le diront, vouloir tenir malgré la fatigue est une très mauvaise option. Le corps humain est conçu pour envoyer des signaux d’alerte lorsque quelque chose ne fonctionne pas. Parmi ces alertes, la fatigue est un signal à prendre en considération. Elle nous informe que nous avons besoin de repos et de recharger notre énergie psychique et physique. Ne pas tenir compte de ce signal, c’est puiser dans ses réserves énergétiques et donc, cela revient à les épuiser progressivement.

2 – Travailler davantage, ou emporter du travail à la maison.

Travailler plus, plus longtemps, plus tôt au plus tard, en empiétant éventuellement sur les autres plages horaires de ma vie (loisirs, famille, repos, etc.) est souvent une autre mauvaise idée que mettent en pratique les personnes stressées.

Cette option constitue un risque potentiel d’épuisement, non pas comme précédemment, parce qu’elle épuise les réserves énergétiques, mais plutôt parce qu’elle en freine la reconstitution. Nous avons besoin pour faire face au stress de mettre en place des ressources régulières qui sont entre autres : les loisirs, la capacité d’attention à soi-même, le fait d’avoir du soutien social et enfin de connaître des stratégies pour faire face au stress.

Le fait de travailler plus ou d’emporter du travail à la maison constitue une bonne raison pour négliger la mise en place des ressources nécessaires à la gestion du stress.

3 – Vouloir se montrer indispensable d’un point de vue professionnel

J’ai ici le souvenir d’un proche, en phase terminale d’un cancer, travaillant à des dossiers professionnels sur son lit d’hôpital quelques jours seulement avant son décès. Il est vrai qu’il est difficile d’accepter de passer le relais car cela peut être interprété, surtout dans la société actuelle, comme un aveu de faiblesse.

Cependant, comme le dit Alphonse Allais : « les cimetières sont remplis de gens qui se croyaient indispensables ».

4 – Aller au travail lorsque le médecin vous a mis en arrêt.

Si votre médecin traitant vous a mis en arrêt de travail, et même si cette décision vous paraît injustifiée, c’est qu’il a une bonne raison. Votre médecin traitant n’est pas votre ennemi, il a en charge votre santé parce que vous avez décidé de la lui confier. S’il vous propose un arrêt maladie, c’est qu’il considère que vous avez besoin de repos.

Aller travailler alors que vous êtes en arrêt maladie est un symptôme moderne connu sous le nom de présentéisme. Ce symptôme peut prendre plusieurs formes :

  • Être physiquement présent, mais être en réalité, mentalement absent,
  • Arriver tôt le matin ou rester tard le soir dans le but de se faire bien voir,
  • Travailler même lorsque son état de santé est dégradé et exige un  arrêt maladie,
  • Faire des heures supplémentaires sans en  être payé en retour.

Toutes ces formes de présentéisme sont de mauvaises bonnes idées quand il s’agit de prendre soin de soi.

Cette famille de mauvaises idées comprend également le fait de travailler à son domicile alors que l’on est en arrêt de travail, celui de ne pas tenir compte des conseils de son médecin traitant ou de son psychothérapeute et celui de reprendre le travail avant  la fin de l’arrêt de travail prescrit.

Toutes ces mauvaises bonnes idées ont pour conséquence d’augmenter le risque de rechute et d’aggraver à court terme la situation.

Conclusion

Il est aujourd’hui très difficile pour un professionnel souffrant de stress, de harcèlement, de burnout d’accepter la situation et de prendre le repos nécessaire pour reconstituer ses réserves énergétiques. Les raisons de ces difficultés sont multiples : culpabilité, peur du regard des autres, peur de la perte de son emploi, etc.

Il est donc tentant de vouloir chercher des solutions pour donner le change et faire face malgré tout. J’ai voulu vous alerter dans cet article, sur le fait que ces options sont toutes à court terme de mauvaises bonnes idées parce qu’au lieu de régler le problème, elles aggravent rapidement la situation.

Je vous invite à partager avec moi, dans les commentaires ci-dessous les fausses bonnes idées que vous avez voulu mettre en place, et les conséquences dramatiques qu’elles ont eu dans votre vie.