Les risques psychosociaux : de quoi s’agit-il ?

Les risques psychosociaux

Partant du constat que de plus en plus d’employés et de salariés de sociétés se plaignent de différentes formes de souffrance dans le cadre de leur activité professionnelle, de nouvelles idées émergent au début des années 1990. Parmi celles-ci, l’idée que le travail puisse avoir des conséquences néfastes sur la santé mentale donnera naissance à l’expression « risques psychosociaux ». Mais qu’est-ce concrètement que le risque psychosocial ?
Situé à l’intersection de l’individu et de sa situation de travail, le risque psychosocial pourrait être défini comme étant « l’ensemble des risques pour la santé mentale, physique et sociale engendré par les facteurs organisationnels et relationnels dans le domaine professionnel ».
Bien qu’ils ne soient définis, ni juridiquement, ni statistiquement, en France, pour le ministère du Travail, les risques psychosociaux recouvrent des risques professionnels qui portent atteinte à l’intégrité physique et à la santé mentale des salariés : stress, harcèlement, épuisement professionnel, violence au travail…
Ils peuvent entraîner des pathologies professionnelles telles que des dépressions, des maladies psychosomatiques, des problèmes de sommeil, mais aussi générer des troubles musculo-squelettiques, des maladies cardio-vasculaires, voire entraîner des accidents du travail.

Ils sont regroupés en 4 grandes familles de facteurs :

  • Les exigences du travail et de son organisation : Autonomie dans le travail, degré d’exigence au travail en matière de qualité et de délais, vigilance et concentration requises, injonctions contradictoires ;
  • Le management et les relations de travail : nature et qualité des relations avec les collègues, les supérieurs, reconnaissance, rémunération, justice organisationnelle ;
  • La prise en compte des valeurs et attentes des salariés : développement des compétences, équilibre entre vie professionnelle et vie privée, conflits d’éthique ;
  • Les changements du travail : conception des changements de tout ordre, nouvelles technologies, insécurité de l’emploi, restructurations …

Aujourd’hui, les risques psychosociaux sont autant un problème sociétal qu’un objet d’étude scientifique qui concerne une multitude de disciplines : psychologie, psychiatrie, psychologie du travail, médecine du travail, ergonomie, épidémiologie, sociologie, gestion, économie, addictologie, etc.
Il n’existe à ce jour aucun consensus dans le monde scientifique sur la manière de traiter et de concevoir les RPS. Il n’existe pas non plus de théorie unifiée au sujet de ces risques.

De quels troubles parle-t-on alors ?

  • Le Stress : (issu par l’anglais de l’ancien français destresse) est, en biologie, l’ensemble des réponses d’un organisme soumis à des pressions ou contraintes de la part de son environnement.
  • Le harcèlement moral : est une conduite abusive qui par des gestes, paroles, comportements, attitudes répétées ou systématiques vise à dégrader les conditions de vie et/ou conditions de travail d’une personne (la victime du harceleur).
  • Le Burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel : est une maladie caractérisée par un ensemble de signes, de symptômes et de modifications du comportement en milieu professionnel. Des modifications morphologiques, fonctionnelles ou biochimiques de l’organisme du sujet atteint sont observées dans certains cas.

À cette liste certains chercheurs ajoutent :

  • Le Bore-out ou syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui : est un trouble psychologique engendré par le manque de travail, l’ennui et, par conséquent, l’absence de satisfaction dans le cadre professionnel.
  • Les comportements antisociaux au travail : qui rassemblent les agressions physiques, les incivilités (de la part des collègues, de la hiérarchie ou du public) qui se caractérisent par des paroles ou des actions ne respectant pas les convenances ou les règles de savoir-vivre, et les provocations (médisance, obstruction, domination, rejet, etc).

Les RPS en quelques chiffres :

  • 57% des salariés ont un rythme de travail imposé par une demande extérieure obligeant une réponse immédiate,
  • 41% ont des normes de production ou des délais à respecter en une journée au plus,
  • 36% ne peuvent faire varier les délais fixés,
  • 30% des salariés subissent un contrôle ou un suivi de leur activité via un système informatisé
  • 22% font part de comportement systématiquement hostile de la part d’une ou plusieurs personnes dans leur travail,
  • 20% déclarent avoir très peu de liberté pour organiser leur travail,
  • 8% des salariés en contact avec du public déclarent vivre en permanence des situations de tension.

Pierre COCHETEUX.

Sources :
Les RPS : c’est quoi ?
Wikipédia pour les définitions,
Science Humaines, n°243 décembre 2012, pages 20 à 25.