« Être » au travail

Cet article constitue ma participation à la 61ème édition du festival « A la croisée des blogs » qui est organisé ce mois-ci par Cédric du blog technique de méditation et dont vous trouverez l’article de lancement ici.

Le festival « À la croisée des blogs » est un événement mensuel inter blogueurs organisé par le blog développement personnel.org depuis octobre 2008.

Nous vivons dans un environnement culturel qui confond bien souvent « Être » avec « Faire » ou « Avoir ».

Par exemple, Alain Souchon dans « Foule Sentimentale » nous parle de cette méconnaissance qui nous pousse à confondre l’Être avec l’Avoir :

« Oh la la la vie en rose
Le rose qu’on nous propose
D’avoir les quantités d’choses
Qui donnent envie d’autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires
 »

Alain Souchon, dans « C’est déjà ça » 1993.

Être, c’est quoi ?

Le concept d’ « Être » désigne généralement la perception qu’a une personne de son existence, de la réalité de sa vie. Cette perception est d’ordre intellectuel et émotionnel.

En réalité, « Être » est bien plus complexe.

Dans la notion moderne du concept d’ « Être », il y a plusieurs choses :

  • L’existence, c’est-à-dire de pouvoir être perçu dans l’environnement par les autres comme ce qui est réellement.
  • La notion d’identité, c’est-à-dire d’être une personne unique, différente des autres avec un caractère, une psychologie, des besoins propres.
  • L’appartenance à une « classe » ou une « catégorie ». Ainsi les êtres humains sont des Hommes, tout comme les chats sont des félins.
  • La possession d’une propriété (qualité ou attribut). Un Humain peut être homme ou femme.

Ce qui est sur, c’est que pour « Être », il n’y a rien à « Faire » et que l’on est même si l’on « n’a rien ».

« Être » est donc différent d’« Avoir » et de « Faire »

Un virus de pensée courant : « Être = Faire »

Les virus de pensée sont des croyances à propos de soi, des autres, de la vie ou du monde que l’on considère comme vrais, mais qui sont erronées et porteuses de mal-être.

L’idée que pour « Être » quelqu’un de bien, je dois porter les vêtements de telle ou telle autre marque est un virus de pensée. La possession de ces vêtements ne changera rien à mon existence, à mon identité, à mes attributs, ni à mes qualités. Ce qui peut éventuellement changer c’est la perception que les autres auront de mon niveau de vie.

Les virus de pensées, tout comme les virus biologiques créent des maladies. Ils changent notre relation avec nous, les autres et le monde nous rendant ainsi malheureux.

Malheureusement, dans l’univers professionnel d’aujourd’hui, l’idée que la performance influe sur la qualité de l’ « Être » d’une personne est un virus de pensée bien établi.

Qui n’a jamais entendu dans le cadre de son travail qu’il était nul parce qu’il avait fait une erreur ?

Comment réapprendre à « être » au travail ?

La question est d’ailleurs mal posée. Il ne s’agit pas de réapprendre à « Être », mais d’apprendre à en avoir conscience. L’adage proposé par Descartes « Je pense donc je suis » peut nous y aider, bien qu’il soit insatisfaisant…

Pour « Être », nous n’avons rien à faire. D’ailleurs pour que nous soyons, d’autres ont dû faire quelque chose. Nous existons par la volonté de nos parents qui ont un jour fait en sorte de nous concevoir.

Le concept de signes de reconnaissance issu de l’analyse transactionnelle peut nous aider à détricoter les virus de pensée concernant l’ « être » dans le monde du travail.

Vers un style de management qui reconnaît l’ « Être » des collaborateurs

Ce qu’attend une entreprise de ses salariés ou de ses collaborateurs, c’est que ceux-ci soient efficaces et performants dans leur travail.

Reconnaître qu’une personne à bien fait quelque chose, c’est lui donner un signe de reconnaissance conditionnel positif. Conditionnel parce qu’en relation avec ce que la personne a « fait » ou n’a « pas fait » et positif car il s’agit ici d’un compliment.

Aussi, je vous propose d’apprendre à distribuer dans le cadre de votre travail des signes de reconnaissance conditionnels positifs ou négatifs, plutôt que des signes de reconnaissance inconditionnels : « Tu es nul » qui attaquent l’identité d’un individu.

« Tu es nul » deviendra par exemple : « Je n’aime pas ta façon de traiter ce dossier ».

Conclusion

Dans cet article j’ai voulu vous montrer que les mots que nous employons pour parler à nos collaborateurs peuvent être générateurs d’amélioration des relations alors qu’au contraire la confusion entre l’Être (inconditionnel) et le faire (conditionnel) peut aggraver les risques psychosociaux au sein d’une équipe ou d’une entreprise, par exemple en créant chez un collaborateur le sentiment d’être harcelé ou maltraité.

Comment favorisez vous l’ « Être » de vos collaborateurs ?