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L’éloge de l’imperfection

Cet article est le second d’une série de trois :

le premier L’imperfection dans votre vie personnelle  est paru sur le blog sur pierrecocheteux.com, celui-ci est sur vaincre-les-risques-psychosociaux.fr et la théorie de l’imperfection paraitra dans quelques jours sur le blog analysetransactionnelle.fr

Il participe à la 59éme édition du festival à la croisée des blogs, initiative du blog DéveloppementPersonnel.org. Ce mois ci c’est Régis du blog Moment Présent qui propose de réfléchir sur le thème de l’imperfection. Vous trouverez ici l’article de lancement.

Seconde partie : Etre imparfait dans la vie professionnelle

S’il est un endroit dans la vie ou la pression de la perfection se fait ressentir fortement, c’est bien dans le monde de l’entreprise.

Le fameux entretien d’évaluation annuel devient un espace de critique ouvert plus qu’un véritable outil de management et de plus en plus de salariés sont stressés rien qu’à l’idée de devoir le passer.

Les employés sont sensés être flexibles, polyvalents, mais surtout parfaits et irréprochables, comme si la perfection était la clé de la rentabilité.

Dans ce contexte, il est curieux de constater que dans les entreprises qui ont poussé ce raisonnement à l’extrême, la rentabilité n’est pas toujours au rendez-vous, mais aussi et surtout qu’elles détiennent le triste record des entreprises où le taux de suicide est le plus élevé.

Quand perfection rime avec stress

« Vous êtes nul », « laissez moi faire, je vais terminer ce travail puisque vous en êtes incapable », « Il faudra que cela change », …

Autant de petites phrases assassines qu’utilisent maladroitement certains manager ayant la conviction que l’autorité s’exerce par l’autoritarisme. Ils semblent attendre le plus naturellement du monde de leurs subalternes qu’ils soient parfaits et ne commettent jamais d’erreur.

Pire, ils semblent même penser que c’est parfaitement normal et que c’est le minimum que l’on puisse attendre d’un professionnel !

Dès que l’un d’entres eux se trompe ou commet une erreur, ces manageurs leur tombent dessus avec condescendance « Comment voulez-vous qu’on avance avec une équipe de bon à rien comme vous ! » …

Il y a quelques années j’exerçais parfois la fonction de moniteur de plongée dans un centre de formation.

Un jour où j’avais demandé de l’aide à un collègue, parce que j’avais à former une classe de huit personnes dont la majorité présentaient une véritable phobie de l’eau, le responsable du centre en question est venu me reprocher de faire diminuer la rentabilité de son centre de formation, parce que j’utilisais les compétences de deux moniteurs pour seulement huit élèves !

Il aurait probablement préféré que je respecte à la lettre les standards de formations, indiquant qu’un moniteur peut prendre en charge huit élèves simultanément, s’il estime cela possible.

Quel moniteur incompétent j’étais soudainement devenu parce que j’avais estimé le risque trop important et que j’avais osé demander de l’aide !

Le stress augmente le risque et fait baisser la rentabilité.

Si j’avais cédé à la pression de mon responsable, il est fort probable que j’aurais eu à gérer un accident. Il était impossible d’encadrer simultanément plusieurs élèves paniqués, sans risques.

J’ai eu la chance, à cette époque d’avoir déjà fait mes études en psychologie et donc d’être capable de lui tenir tête sans me sentir coupable. Mais combien d’autres, dans ce genre de situation, par peur de perdre leur travail, ou simplement par peur de ne pas être à la hauteur ou de décevoir se seraient laisser entrainer dans un processus qui les aurait conduit tout droit devant le tribunal.

Le stress, la critique, la dévalorisation, le mépris n’augmentent pas la rentabilité d’une entreprise, mais bien au contraire, entrainent celle-ci dans la spirale infernale des arrêts maladie, des accidents de travail et de la perte de rentabilité.

Accepter ses limites, un gage de qualité.

Dans la vie professionnelle, plus encore que dans sa vie personnelle être capable de reconnaître ses limites, ses incompétences, ses difficultés n’est-il pas un gage de qualité ?

Un professionnel conscient de ses limites n’entrainera pas son client dans une direction qu’il ne connaît pas ou saura orienter ce dernier vers un collègue plus compétent.

Si comme client, je souhaite acquérir une chaine HIFI, et que le vendeur qui ne s’y connaît pas, me conseille un achat qui ne correspond pas à mon besoin plutôt que de me guider vers l’un de ses collègues plus compétent,  pensez-vous que je serais un client satisfait ? Et quelle publicité ferais-je à cette enseigne ?

Je ne veux pas dire qu’un professionnel ne doit pas chercher à s’améliorer ou à devenir un bon professionnel.

Ce que je veux dire, c’est que l’acceptation de notre condition humaine, qui est l’imperfection, permet d’apprendre à s’améliorer, et aussi de reconnaître ses limites et donc de savoir jusqu’où ne pas aller trop loin.

Pensez-vous qu’il soit bon pour la rentabilité d’une entreprise de vouloir que ses employés soient parfaits ? Partagez votre avis dans les commentaires ci-dessous.

 

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A propos de l'auteur

Pierre COCHETEUX

Partenaire de votre santé au travail, j'accompagne et conseille les professionnels en situation de crise professionnelle : burnous, harcèlement, stress, stress post-traumatique, en m'appuyant sur plus de 20 années d'expériences.
Ma Mission : vous aider à améliorer votre qualité de vie professionnelle.
Pour en savoir plus, consultez mon blog : Vaincre les risques psychosociaux

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